Au Nouveau-Brunswick, l’un des plus grands défis pour le chasseur d’orignal, de chevreuil ou d’ours n’est pas toujours de trouver du gibier. C’est souvent de trouver un territoire auquel on peut accéder légalement et sécuritairement.
La province possède un vaste réseau de terres de la Couronne et de chemins forestiers, mais elle comprend aussi d’importantes superficies de terres privées, de terres agricoles, de concessions, de baux et de secteurs soumis à des restrictions particulières. Une bonne carte ne suffit donc pas : il faut savoir qui possède le terrain, quel type de terrain il s’agit et quelles règles d’accès s’appliquent.
Les terres de la Couronne : un immense territoire pour les chasseurs
Les terres de la Couronne constituent une ressource majeure pour la chasse au Nouveau-Brunswick. Le gouvernement met d’ailleurs à disposition des données cartographiques sur les terres de la Couronne provinciale, avec des mises à jour continues. Il précise cependant que la précision des limites peut varier et qu’elles peuvent différer des limites établies par les plans officiels ou les levés d’arpenteurs.
Pour le chasseur, cela signifie qu’une carte numérique est un excellent outil de préparation, mais qu’elle ne doit pas être considérée comme l’unique preuve de la limite légale d’une propriété.
Avant de partir pour l’orignal, le chevreuil ou l’ours, il est donc préférable de vérifier les données cadastrales et les informations gouvernementales pertinentes lorsque la limite entre terrains publics et privés est incertaine.
Terre de la Couronne ne veut pas dire « accès sans aucune restriction »
Il serait facile de penser que toutes les terres de la Couronne sont accessibles de la même façon, ce n’est pas le cas.
Certains secteurs sont soumis à des désignations ou restrictions particulières. Le Nouveau-Brunswick compte notamment des zones naturelles protégées situées sur les terres de la Couronne. Dans ces zones, la chasse peut être autorisée, mais elle demeure réglementée, et certaines activités d’accès motorisé sont limitées aux chemins désignés.
Les réserves riveraines de la Couronne constituent un autre exemple. Le gouvernement indique que la chasse, la pêche et le piégeage y sont permis comme activités récréatives, sous réserve des règles applicables.
Il faut donc toujours identifier le statut exact du terrain, plutôt que de simplement voir le mot « Couronne » sur une carte.
Les chemins forestiers : la porte d’entrée vers le territoire
Pour beaucoup de chasseurs néo-brunswickois, les chemins forestiers sont la véritable porte d’entrée vers les secteurs de chasse.
Le gouvernement précise que ces chemins ne sont pas tous entretenus pour le passage des véhicules. Les principaux chemins d’accès sont généralement plus praticables, alors que les routes d’embranchement peuvent être entretenues seulement au besoin. Les utilisateurs les empruntent à leurs propres risques.
Cette réalité est particulièrement importante en automne.
Une route qui semble excellente sur une carte satellite peut être boueuse, défoncée, barrée ou difficilement praticable quelques jours plus tard.
Les conditions peuvent aussi changer rapidement après des pluies importantes.
Attention aux activités forestières
Les chemins forestiers servent à plusieurs utilisateurs : chasseurs, propriétaires de boisés, entreprises forestières et autres usagers.
Le gouvernement recommande notamment aux chasseurs d’éviter, lorsque possible, les routes d’accès utilisées pour les activités industrielles, de respecter les panneaux d’avertissement et d’adopter une conduite préventive.
C’est une question de sécurité avant d’être une question de commodité.
Un camion forestier lourd qui sort d’un chemin secondaire n’aura pas nécessairement la possibilité de vous éviter.
Les chemins réservés de la Couronne
Le Nouveau-Brunswick possède également des chemins réservés de la Couronne.
Il peut s’agir d’anciennes routes publiques, de chemins forestiers, de routes militaires ou de routes de portage. Certains peuvent n’être aujourd’hui que des bandes de terrain plutôt qu’une véritable route praticable.
Le gouvernement précise également que ces chemins constituent des parcelles de terre publique et que les propriétaires voisins ne peuvent pas en interdire l’accès au public.
Pour le chasseur, cela peut avoir une grande importance lorsqu’un ancien axe d’accès traverse un secteur où les limites foncières sont compliquées.
Mais encore une fois, un chemin réservé n’est pas nécessairement un chemin carrossable.
Les terres privées : il faut connaître les règles
La situation devient plus délicate lorsqu’un territoire de chasse comprend des terres privées.
La Loi sur le poisson et la faune prévoit notamment que, sauf certaines catégories de terrains visées par la Loi sur les actes d’intrusion, lorsqu’une terre n’est pas affichée conformément aux dispositions applicables, le propriétaire est réputé consentir à l’entrée aux fins de chasse, de piégeage ou de prise au collet, jusqu’à ce que ce consentement soit révoqué.
Cela ne signifie toutefois pas que le chasseur doit se contenter de regarder les panneaux.
Demander la permission au propriétaire demeure la meilleure pratique, particulièrement lorsque le terrain est manifestement privé, occupé ou utilisé activement.
C’est aussi une excellente façon d’entretenir de bonnes relations entre chasseurs et propriétaires fonciers.
Les terres agricoles : une règle particulièrement importante
C’est probablement l’un des points que tout chasseur au Nouveau-Brunswick devrait connaître.
La Loi sur les actes d’intrusion impose une autorisation écrite pour accéder à certaines terres agricoles, et cette règle s’applique qu’elles soient privées ou qu’elles appartiennent à la Couronne.
Les catégories comprennent notamment des terres cultivées, des pâturages, des vergers, des plantations d’arbres de Noël, certaines plantations de plants et de semis et des érablières.
Autrement dit : « C’est une terre de la Couronne » ne signifie pas automatiquement « je peux la traverser sans permission ».
Si elle appartient à une catégorie protégée par la Loi sur les actes d’intrusion, il faut obtenir l’autorisation requise.
Cette distinction peut être cruciale lorsqu’un chemin d’accès traverse une propriété agricole avant d’atteindre un secteur de chasse.
Les affiches rouges : un signal à prendre au sérieux
Les chasseurs connaissent bien les affiches et les marques de restriction.
Le gouvernement indique notamment que la présence de disques rouges ou de rubans peints en rouge signifie qu’il est interdit de chasser, de tirer, de piéger ou de prendre au collet dans la zone visée.
Il est évidemment interdit d’enlever, de déplacer, de défigurer ou de recouvrir ces affiches, disques ou rubans lorsqu’ils sont utilisés conformément à la loi.
Un bon principe pour le chasseur est simple : Lorsqu’un propriétaire ou une autorité interdit clairement l’accès ou la chasse, on change de secteur.
Une excellente journée de chasse ne mérite jamais une confrontation ou une infraction.
Et si l’animal blessé traverse sur une propriété?
C’est une situation que personne ne souhaite, mais qu’il faut prévoir.
La Loi sur le poisson et la faune prévoit des dispositions permettant, dans certaines circonstances, de pénétrer sur une terre afin de poursuivre et de prendre un animal sauvage blessé. Toutefois, des règles supplémentaires s’appliquent lorsque le terrain appartient à certaines catégories couvertes par la Loi sur les actes d’intrusion. Dans ces situations, le propriétaire ou l’occupant doit notamment être informé avant l’entrée.
C’est une autre raison pour laquelle connaître les limites avant la chasse est extrêmement important.
N’attendez pas qu’un orignal ou un chevreuil soit blessé pour découvrir que votre secteur touche une propriété privée.
L’orignal : chercher les grands territoires
Pour l’orignal, les terres de la Couronne offrent souvent d’immenses possibilités de chasse.
Les grands secteurs forestiers, les jeunes peuplements, les coupes et les milieux humides peuvent tous faire partie d’un territoire de chasse intéressant.
Mais l’accès est souvent le facteur déterminant.
Un secteur magnifique sur une carte, situé à plusieurs kilomètres d’un accès routier praticable, peut devenir très exigeant une fois qu’il faut déplacer un animal de plusieurs centaines de kilogrammes.
C’est pourquoi le chasseur d’orignal devrait planifier son territoire en fonction de trois éléments : Où se trouve le gibier, comment y entrer et comment en sortir avec l’animal.
Le troisième élément est souvent oublié.
Le chevreuil : attention aux mosaïques de propriétés
La chasse au chevreuil peut poser un problème différent.
Dans plusieurs régions du Nouveau-Brunswick, les boisés privés, champs agricoles, lots résidentiels et terres de la Couronne peuvent être imbriqués les uns dans les autres.
Un sentier peut ainsi commencer sur une terre publique et se poursuivre sur une propriété privée.
Sur une carte imprimée, la différence peut être difficile à voir. Sur le terrain, la limite peut être encore moins évidente.
C’est ici qu’une application cartographique comme iHunter, combinée aux données officielles, peut être particulièrement utile pour la préparation. Mais les limites cartographiques doivent être vérifiées lorsqu’une décision d’accès dépend d’une frontière précise.

L’ours noir : l’accès et la sécurité vont ensemble
La chasse à l’ours présente également ses particularités.
Lorsqu’un chasseur installe un site ou utilise un secteur régulièrement, il doit penser à la sécurité, aux déplacements et à la proximité des autres utilisateurs de la forêt.
Les zones de chasse à l’ours peuvent aussi se trouver loin des routes principales, ce qui rend la préparation du déplacement particulièrement importante.
Comme pour l’orignal et le chevreuil, la première question ne devrait donc pas seulement être : « Où y a-t-il des ours? »
Mais aussi : « Comment vais-je accéder à ce secteur légalement et en sécurité? »
La chasse et l’industrie forestière doivent parfois partager le même territoire
Les terres de la Couronne du Nouveau-Brunswick sont utilisées pour beaucoup plus que la chasse.
Le réseau forestier sert aux activités industrielles, au transport du bois, à la gestion forestière, à la conservation et aux loisirs. Les chemins forestiers sont justement conçus pour permettre l’accès aux ressources de la forêt et sont utilisés par différents groupes.
Il peut donc arriver qu’une zone de chasse soit active au même moment qu’une opération forestière.
Dans ces circonstances, le bon comportement est de respecter les travailleurs, les barricades, la signalisation et les consignes de sécurité.
Un détour de quelques kilomètres vaut mieux qu’une situation dangereuse.
Les fermetures temporaires : le chasseur doit rester informé
Les conditions exceptionnelles peuvent aussi modifier l’accès.
En 2025, par exemple, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a interdit temporairement l’accès à l’ensemble des terres de la Couronne en raison d’un risque d’incendie extrêmement élevé. Les activités récréatives et l’utilisation de véhicules dans les bois avaient alors été interdites.
Cette situation démontre une réalité importante : Un territoire accessible aujourd’hui peut faire l’objet d’une restriction demain.
Avant chaque sortie, il est donc prudent de vérifier les avis gouvernementaux, les restrictions liées aux incendies, les fermetures et les conditions particulières.
Cartes papier, GPS ou application
Pour une chasse moderne, le meilleur système est souvent de combiner plusieurs outils.
Une application GPS comme iHunter peut être excellente pour visualiser les limites et enregistrer des points de repère.
Un GPS autonome peut fournir une solution de navigation supplémentaire.
Et une carte papier du secteur demeure une excellente solution de secours.
Pourquoi?
Parce qu’une panne de téléphone, une batterie déchargée ou un problème électronique peut arriver.
Dans une forêt où il n’y a aucun service cellulaire, la technologie doit être un outil et non votre seule solution.
La meilleure façon de préparer son territoire
Avant la saison, prenez le temps de faire une véritable reconnaissance virtuelle.
- Identifiez les terres de la Couronne
- Repérez les terres privées
- Marquez les terres agricoles
- Localisez les routes forestières
- Vérifiez les zones protégées
- Trouvez les accès possibles
- Puis allez sur le terrain confirmer ce que vous avez vu sur la carte
Cette combinaison de préparation numérique et de reconnaissance physique permet d’éviter plusieurs mauvaises surprises.
Une méthode simple pour les chasseurs du Nouveau-Brunswick
Avant de partir, posez-vous cinq questions :
- À qui appartient le terrain?
- Ai-je légalement le droit d’y entrer?
- Le chemin que j’utilise est-il accessible et sécuritaire?
- Existe-t-il une restriction ou une fermeture temporaire?
- Si je récolte un animal, ai-je un plan pour le sortir?
Si vous pouvez répondre clairement aux cinq questions, votre préparation est déjà beaucoup plus solide.
Le respect du territoire : une question d’avenir
L’accès au territoire de chasse est une responsabilité collective.
Lorsqu’un chasseur respecte les propriétaires privés, les travailleurs forestiers, les panneaux, les chemins et les autres utilisateurs, il contribue à préserver la réputation de l’ensemble de la communauté des chasseurs.
Un accès perdu peut parfois l’être pour des années.
À l’inverse, un propriétaire qui rencontre un chasseur respectueux peut devenir un allié précieux.
La courtoisie sur le terrain peut donc être aussi importante qu’une bonne carabine ou qu’une excellente paire de jumelles.
Conclusion : connaissez votre terrain avant de chasser
Au Nouveau-Brunswick, les possibilités de chasse à l’orignal, au chevreuil et à l’ours sont importantes, mais elles viennent avec une responsabilité : connaître les règles d’accès avant d’entrer en forêt.
Les terres de la Couronne représentent une ressource majeure, mais elles ne sont pas toutes identiques. Les terres privées, les terres agricoles, les zones naturelles protégées, les chemins forestiers et les chemins réservés ont chacun leurs particularités.
Le chasseur bien préparé ne se contente donc pas de chercher du gibier sur une carte.
Il cherche aussi les limites, les accès, les restrictions et les sorties possibles.
Et au Nouveau-Brunswick, cette connaissance peut faire toute la différence entre une belle journée de chasse et une situation difficile.
La meilleure place pour commencer une chasse réussie n’est pas toujours dans la forêt. C’est souvent devant une bonne carte, avant même de démarrer le camion.
À retenir:
Terres de la Couronne : vastes possibilités de chasse, mais certaines désignations ou restrictions peuvent s’appliquer.
Terres agricoles : l’accès peut exiger une autorisation écrite, y compris lorsqu’il s’agit de terres de la Couronne.
Terres privées : respectez les affiches et les restrictions; demander la permission reste la meilleure pratique.
Chemins forestiers : ils ne sont pas tous entretenus et doivent être utilisés avec prudence.
Chemins réservés de la Couronne : ce sont des parcelles de terre publique, mais ils ne constituent pas forcément des routes praticables.
Fermetures temporaires : elles peuvent survenir, notamment en période de risque élevé d’incendie.
Règle d’or : vérifiez toujours les règlements et les restrictions officielles en vigueur avant votre sortie.
Pour de plus amples informations: Aller à la chasse au Nouveau-Brunswick
La chasse est un style de vie
Entrainez-vous, soyez prêt, soyez sécuritaire
et surtout
Soyez fier d’être chasseur
Raynald Robitaille



















28 août 2026
Chasse